LA CHINE INVISIBLE

 

Dans les provinces du sud de la Chine, au Yunnan ou dans le Guizhou, les paysans cultivent leurs rizières ainsi qu'ils le font depuis des millénaires, aidés de la puissance des buffles. Les plus pauvres, hommes et femmes, louent leurs bras dans les mines ou la construction. Les métiers d'appoint pratiques dans les villages, les cérémonies, les jeux n'ont été qu'à peine modifiés par la vie moderne. Leurs conditions de vie sont rudes et les relations humaines empreintes de dureté. Ils ont malgré tout la dignité de qui a un toit sur sa tête et un cadre de vie stable, et les enfants, grappillent passionnément le savoir auquel ils ont accès. Je suis allée à leur rencontre et ils m'ont accueillie avec générosité et simplicité, m'ont ouvert leurs foyers, m'ont conviée à leurs fêtes. Mais le développement vertigineux des villes menace même ces campagnes montagneuses, où l'on trouve encore les paysages des peintures chinoises. Que deviendront-ils lorsque les terres cultivables auront été dévorées par la ville ? Rejoindront-ils le lumpenproletariat urbain, frange misérable de l'extraordinaire croissance chinoise ? Ou bien trouveront-ils leur place dans le monde nouveau ?

 

In the southern provinces of China, in Yunnan or in Guizhou, farmers cultivate their rice fields as they have done for millennia, helped by the strength of water buffaloes.The poorest of them all, men and women alike, work in mines or in construction. Other practical jobs in the villages, such as ceremonies and games, have barely been altered by modern life. Their living conditions are harsh and their personal interactions have a trace severity. They have, despite everything, the dignity of those who have a roof over their heads and stable surroundings, and the children glean with passion any knowledge which is available to them. I went to meet them and they welcomed me with generosity and simplicity, opened their homes to me and welcomed me to their celebrations. But the dramatic development of the cities threatens even these mountainous countrysides, where one still finds the landscapes of the Chinese paintings.What will become of them when when the city has devoured the arable land? Will they join the urban lumpenproletariat, the miserable fringe of China's extraordinary growth? Or will they find their place in the new world?